Emmanuel Robineau - 'Avant, rien. après Peut-être

Emmanuel Robineau

'Avant, rien. après peut-être'

Réouverture physique de la galerie IGDA 2.0, 16 rue des Croisiers!

Du mercredi 24 mars au mercredi 7 avril 2021.

Vernissage virtuel samedi 27 mars à 20h30 sur Zoom, sur LDWTV, la webtv du Dansoir : ledansoir.com
Exposition & vente en ligne.

 

"Dans mon atelier je peux depuis 5 ans façonner et cuire de l’argile.

Très inspiré par la poésie, j’y ai développé autour de l’idée de paysage des assemblages de formes simples, superposées, symboliques, toutes en en équilibre où les interrogations sur le monde, les origines, le temps et l’espace sont prédominantes.

Avec les corps debout, j’intègre à ces interrogations les douleurs, les désirs, les angoisses.

En parallèle et avec mes sculptures, je crée de courtes vidéos. Leurs mises en scène tentent de raconter les pierres levées, les esprits et les trésors cachés, l’âme et le sang

 

 

Ma propre poésie me permet de poser les questions avec d’autres exigences et sous une autre forme.

Les murs

Les murs mettent du temps à se réchauffer, à l'intérieur
des coquilles, rien de nouveau, les bruits obsessionnels
se sont tus, les bruits omniprésents se sont éteints 
De chez les voisins on ne voit rien, on n'entend rien. 
Trop tôt sans doute pour en tirer des conclusions 
sur la palissade.
Point de salut, au-delà de la palissade.
L'histoire commence, enfin, par des mots échangés
au-dessus de la palissade, quand, par une belle matinée
de rayons et de poussières, chacun de son côté
a tenté d'apercevoir les doigts des mains,
les ongles des doigts, les bras sous le tissus,
les veines sous le cuir.
Le début d'une histoire de mots échangés, pauvre vocabulaire
des gestes agités maladroits quand ni l'un ni l'autre
écoute l'autre pour communiquer sur le partage des taches
indélébiles étalées maladroitement.
Je suis obsédé par ce rêve déclinant le contact établi,
les distances abolies, la douceur des contacts,
ces mains touchant la chaleur du sang
répondu sur le linceul enveloppant la mémoire oubliée.
L'histoire n'est pas terminée, le réveil est douloureux.
Si tôt le matin, si loin de la nuit, je ne ferai pas demi-tour
pour aller chercher dans la nuit les restes hypothétiques
d'une rencontre. Par contre, je ferai bien demi-tour
pour aller chercher sous le sommier la poussière accumulée
des semelles, sans elle, les retours sont impossibles.
Elle a cette odeur diffuse des détails oubliés,
cette légèreté incolore transportant par transparence
ce qui n'est déjà plus.

Quand viendra !

Quand viendra ! Quand viendra la poussière sur le banc,
la cendre autour des pieds des pommiers,
les traces du passage de l'air entre les tombes
du cimetière derrière les murs du cimetière.
Et le vent, un souffle sans fin.
Et le son du vent, hululement et sifflement.
Et l'infini après le vent, derrière la butte ondulée
des herbes égrainés.
Il fait un peu meilleure, tout ce qui est alimentaire
est ouvert.
L'oiseau est revenu, pourtant son trou bien fermé
semblait bien fermé.
Les moineaux ne quittent plus leurs brindilles,
interdisant les cris et les roucoulements.
D'autres s'en chargent, claquant leurs bras de  bêtes
dans l'air, glissant entre les particules,
ne s’arrêtant que sur le fil tendu d'un poteau suspendu. "

Emmanuel Robineau

Image pour affiche

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